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Voyage a velo de Jeremy, son velo en Mongolie
Carnet de voyage

France, Turquie, Arménie… Jérémy voyage à vélo jusqu’en Chine

Le « slow travel », ça vous parle ? Il s’agit d’une nouvelle façon d’envisager le voyage qui séduit de plus en plus de globe-trotteur·se·s aujourd’hui. Le slow travel, c’est l’art de voyager en prenant son temps et en profitant à fond de son expérience, plutôt que de vivre son périple comme une checklist de choses à faire et à voir. Dans un monde où tout va à mille à l’heure, cette nouvelle façon de voir les choses est apaisante. Le slow travel peut prendre mille formes, selon les profils. Pour Jérémy, il s’est imposé sous la forme d’un gigantesque voyage à vélo … jusqu’en Chine. Mais comment ? Jérémy nous livre le récit de son expérience unique. 

Quel a été ton circuit ? 

J’ai roulé jusqu’au Kirghizistan depuis Chambéry ! De l’Europe au Caucase, en passant par l’Iran pour ensuite rejoindre l’Asie centrale, en finissant par la route de la soie. J’ai ainsi parcouru au total 18 pays: l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine, la Grèce, la Bulgarie, la Turquie, la Géorgie, l’Arménie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan.

Pourquoi avoir voulu entreprendre ce voyage ?

Après 10 années à voyager par-ci par-là, j’ai voulu tenter l’aventure de l’année sans solde. Jouir pleinement de mon temps libre sans avoir de contrainte professionnelle, temporelle… Rien n’etait planifié ; j’ai demandé mes visas sur les routes, en ligne ou dans les administrations, pour garder le maximum de liberté et ce côté « surprise ».  

Quels sont les moments qui t’ont le plus marqué ?

L’engouement des ami·e·s, de la famille. Ça nous parait tellement simple une fois le pas franchi qu’il est parfois drôle de voir la réaction de nos proches : « T’es super loin ! Ça doit être difficile ! Pas trop dangereux ? Comment vivre sans travail ? ». Ensuite, évidemment, la gentillesse des locaux, de certain·e·s touristes. Sans eux·elle·s, il m’était parfois très compliqué, voire impossible, d’arriver au bout d’une journée. Ce sont des gestes comme le fait de te donner une pastèque au Kazakhstan sous 50°, une soupe de cheval à 4200 mètres le long de la frontière afghane, réparer ton vélo dans une cabane pour pouvoir manger et boire à l’abri des regards dans un pays en plein ramadan (l’Iran). Je repense souvent ému à ces femmes qui, sur les routes pluvieuses de Géorgie, m’ont donné le sourire en me disant simplement que j’étais « beautifoul, wondarful… » (l’anglais Caucasien !).

Comment as-tu été accueilli dans chacun des pays ?

Il serait long de résumer chacun des pays mais pour faire simple, une fois que tu quittes l’Europe, tout est plus simple. Mise à part la Bosnie et l’Albanie, dans le reste de l’Europe, tout le monde est méfiant. L’Italie, la Croatie, Slovénie m’ont valu des contrôles de papiers à répétition, de jour comme de nuit. Mais une fois en Turquie, tu passes les plus beaux moments de ta vie en termes de partage, d’entraide. 

Maintenant que tu es rentré, que retires-tu de cette expérience ?

Que l’on est chanceux d’avoir un passeport français. Les frontières s’ouvrent à coup de permis, visa ou simplement avec une pièce d’identité si vous êtes en Europe. C’est 28 pays (si je ne me trompe pas) où nous pouvons circuler librement sans payer. Je pense aussi que tout le monde devrait avoir l’opportunité de faire ce genre de voyage, pour s’ouvrir au monde, découvrir l’histoire, la beauté des gens, des lieux qui nous entourent. Pour prendre du recul aussi et s’apercevoir à quel point nous vivons nous-mêmes dans un beau pays.

Est-ce qu’un autre périple est prévu ?

Je suis toujours sur les routes. Depuis mon retour en France (J’ai pris l’avion d’Och, au Kirghizistan, jusqu’à Paris) j’ai roulé jusqu’en Normandie, puis traversé la France pour rejoindre Chambéry, ma région, où je suis actuellement. Je m’entraîne au trail et au triathlon en vue des compétitions de 2020. Le 17 novembre, je vais repartir d’Annecy en essayant de rejoindre la République Tchèque. Passer la période des fêtes sur mon fidèle destrier me tente bien pour clôturer ce périple (je reprends le boulot le 5 janvier). Dans un avenir un peu plus lointain, je prépare également une autre expédition. Pourquoi ne pas viser le Grand Nord avec comme moyen de transport… un voilier et une pulka (traîneau utilisé pour transporter des affaires) ?! Affaire à suivre !

En plus de cet incroyable voyage à vélo, Jérémy apprend aussi le russe via une application en vue d’une expédition future (pour laquelle il cherche idéalement des sponsors en matériel). Il se prépare aussi à l’Ironman et à une ascension à 7000m en Asie. Autant de belles manières de découvrir des contrées étrangères et de profiter à fond de ce qu’elles ont à nous offrir. Des voyages qui laissent des souvenirs inoubliables plein la tête, mais également sur vos cartes postales Fizzer, toujours aussi réussies ! 

Et vous, un voyage à vélo, ça vous tente ?